Homélie du père Arnaud LAGANIER

le 05 octobre 2014 à la fête de la paroisse Saint Benoît
où il est accueilli comme nouveau curé

Il semble que cette année « la qualité requise pour faire du bon vin » soit au rendez-vous dans le vignoble nantais ! Il faut dire que les conditions d'ensoleillement ont été plutôt favorables cette année, enfin ... surtout après le 15 août,... et il n'y a pas que la vigne qui a pu en profiter.

Je voudrais prendre cette bonne récolte qui s'annonce et qui coïncide avec mon arrivée sur la paroisse, comme un signe. Un signe positif bien sûr, un signe encourageant de ce qui nous attend, de ce que Dieu attend lui-aussi : une bonne récolte, ou pour faire un petit jeu de mot « une récolte de bonté », mais pour Lui c'est sans doute la même chose.

Dans les textes de ce dimanche pourtant la récolte est mauvaise. La vigne de Dieu, dans la première lecture du prophète Isaï, c'est le peuple d'Israël - le peuple de Dieu, Et par extension c'est nous, c'est l'Église. C'est la paroisse St Benoît en Val de Loire. Nous sommes le peuple de Dieu planté sur les coteaux de la Loire !

Donc, dans la première lecture, il nous est dit que Dieu l'a entouré de soins, cette vigne-peuple. Et nous savons que la vigne ça demande des soins, du travail. Et bien souvent le cœur de l'homme encore beaucoup plus de travail pour qu'il produise de bons fruits. Dieu attendait de son peuple - sa vigne - de beaux fruits, mais elle en a donné de mauvais ! Les beaux raisins que Dieu attendait c'était le droit et la justice. Or il a trouvé l'iniquité et des cris de détresses, nous dit Isaïe.

Le drame, c'est que pourtant Dieu en avait pris soin ! Et ce drame nous le connaissons parfois nous aussi dans nos vies : de prendre soin de quelque chose et de ne pas obtenir le résultat attendu. Les soins de Dieu, ils nous sont un peu détaillés dans l'Évangile. Dieu prend soin comme ce propriétaire du vignoble confie sa vigne à des vignerons et qui envoie ses serviteurs : ce sont les prophètes, puis qui envoie son propre Fils pour la récolte. Mais ils sont rejetés et tués.

Aujourd'hui toute proportion gardée - car j'espère bien que vous n'allez pas nous jeter dehors - c'est Vincent et moi que le Seigneur vous envoie pour prendre soin de vous. Il nous envoie vers vous comme dans l'Évangile pour faire retentir la parole des prophètes et vous inviter à changer de vie ; pour célébrer les sacrements de son Fils ; pour le rendre présent au milieu de vous, et en particulier dans l'Eucharistie... Nous sommes envoyés pour prendre soin de vous. Curé...cela veut dire ... prendre soin. On dit faire une cure. Avoir le « soin des âmes » selon l'expression traditionnelle. ... Nous essayerons ! Nous savons que comme pour la vigne cela demande du travail, cela demande aussi parfois de tailler, de couper, ce qui est mort ou ce qui pompe la sève ; et cela demande de la patience, d'attendre... le résultat n'est jamais certain. Il y a des années bonnes et d'autres moins. Le mauvais temps, l'adversité seront là. Sans doute vous et nous aurons parfois envie de dire comme dans le psaume :

Seigneur, Pourquoi as-tu percé la clôture de ta vigne ?
Tous les passants y grappillent en chemin.
Le sanglier des forêts le ravage et les bêtes des champs la broutent.

Oui, parfois nous avons l'impression que les temps ne sont pas favorables à l'annonce de l'Évangile. Et nous sommes inquiets, car le Christianisme est en déclin dans nos régions. On a raison de l'être inquiet, mais seulement si c'est d'une sainte inquiétude pour nos frères qui vivent sans la consolation de la foi, sans l'amitié de JC, et sans le soutient d'une communauté de frères. Cette inquiétude elle n'est juste que si elle devient supplication, intercession comme le disait Saint-Paul : Frères, ne soyez inquiets de rien, mais (quand-même) en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.

Notre demande Seigneur, nous osons te le demander, c'est une bonne récolte, une récolte de bonté pour cette paroisse. Cette récolte elle est heureusement déjà commencée. Des fruits il y en a déjà beaucoup. J'en suis témoin peu à peu en découvrant la paroisse ! Par exemple, la présence de la paroisse au forum des associations dimanche dernier ici. Mais demandons et travaillons pour qu'il y en ait de nouveaux : des fruits de conversion, de nouvelles conversions, de nouveaux actes de bonté, de service. C'est notre prière Seigneur, et nous te rendrons grâce pour chaque pas en avant, pour tout progrès, pour chaque petite victoire. Amen.